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Brève catéchèse sur la Résurrection du Christ

Dans le temps qui nous sépare de la Pentecôte 2011, nous vous proposons chaque dimanche une brève catéchèse sur la Résurrection du Christ. 4ème catéchèse sur 6 (22 mai).
Image mosaïque ND du Rosaire à Lourdes : Jesus apparait aux disciples (Mystère Lumineux)

Une rencontre bouleversante

La « Résurrection » n’est pas un concept, comme par exemple la réincarnation. La Résurrection, c’est Jésus vivant ! Le témoignage de ses proches est clair : c’est bien lui Jésus, crucifié et mis au tombeau, qui s’est présenté à eux après Pâques. Vivant, mais au-delà des limites du monde terrestre.


Pour dire cette rencontre extraordinaire, les premiers chrétiens ont utilisé un vocabulaire varié. Dans nos bibles, l’expression technique « ressusciter » traduit deux verbes grecs courants: egeirô, « réveiller » et anisthèmi, « se mettre debout » ou « se relever ». Dieu a réveillé son Fils d’entre les morts, il l’a remis debout. Le Nouveau Testament utilise aussi le vocabulaire de l’exaltation ou de la glorification : « Dieu l’a exalté par sa droite comme Prince et Sauveur », déclare Pierre devant le Sanhédrin (Actes 5,31). Enfin, le langage de la Vie est utilisé pour dire la victoire du Christ sur la mort : « Christ est mort et il a repris vie » (Romains 14,9) ; « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? » (Luc 24,5).


Cet événement de la Résurrection a bouleversé les disciples : les femmes viennent au tombeau pleurer un défunt ; les apôtres se préparent à fuir Jérusalem pour sauver leur peau. Mais le tombeau est vide, et ses disciples rencontrent, de multiples manières, le Christ vivant.

Notons d’emblée ce qui caractérise ces rencontres :
• Jésus ressuscité se manifeste seulement à des croyants, car la foi est nécessaire pour percevoir cette réalité nouvelle ;
• C’est Jésus qui prend l’initiative de ces rencontres, qui surprennent toujours ses disciples : la Résurrection est irruption !
• Jésus vivant est bien le crucifié, reconnu à ses plaies. Il est le même... autrement : non pas « réanimé » à la vie terrestre d’avant, mais entré dans la gloire de Dieu ;
• Jésus glorifié envoie ses disciples en mission et leur promet le don de l’Esprit Saint : ces apeurés deviennent des missionnaires courageux et annoncent au monde : « Jésus est vivant » !

Les récits de rencontre du Ressuscité

Les rencontres de Jésus vivant débordent largement le seul jour de Pâques. C’est un foisonnement, une explosion, qui touche non seulement les apôtres, mais aussi les saintes femmes et de nombreux autres disciples. Les quatre évangiles donnent au moins onze récits étalés dans le temps et l’espace, de Jérusalem à la Galilée. Luc précise dans les Actes des apôtres (Ac 1,3) que Jésus vivant s’est fait voir d’eux « pendant 40 jours ». Saint Paul parle aussi d’autres rencontres : avec Jacques, « à plus de 500 frères à la fois » et enfin à lui-même (1Co 15,5-6). Ce n’est donc pas un petit cénacle reclus, victime ou complice d’hallucinations, mais un groupe important qui a vécu en de nombreuses occasions, sur une longue période de temps, la rencontre du ressuscité. Autrement dit, c’est la première Eglise qui a vécu cette expérience bouleversante. Chaque récit tente de dire un aspect du mystère de cette rencontre avec Celui qui vit désormais auprès de Dieu :


Les récits auprès du tombeau : le tombeau vide ne prouve pas la Résurrection, on peut avoir enlevé le corps. Les autorités romaines et juives ont du le chercher d’ailleurs... sans résultat. Le corps absent invite à chercher ailleurs, du côté de la vie et non de la mort et prépare la révélation transmise par les anges.
Les récits d’apparitions angéliques : au tombeau, les femmes reçoivent un message d’un ange (ou deux selon les récits) annonçant Jésus vivant. Nul ne peut accéder au sens de la résurrection sans révélation divine ; d’ailleurs les disciples commenceront par refuser de croire ces femmes, « cela leur semblait du délire » (Luc 24,11).
Les apparitions aux disciples : c’est sur leurs lieux de vie familiers que Jésus ressuscité se rend présent. Les récits insistent sur la difficulté des disciples à reconnaître leur maître, qui fait preuve de pédagogie par des gestes familiers : il montre ses blessures, demande à manger, rompt le pain ou indique où lancer les filets au bord du lac. La présence du ressuscité n’est pas nécessairement spectaculaire... elle devient certitude qui apaise le cœur : « la paix soit avec vous », répète le Vivant à ses amis (Jn 20, 21).


La semaine prochaine, nous verrons comment ces récits constituent une catéchèse pour nous chrétiens apprenions à reconnaître le Vivant présent au milieu de nous.


 3) Des récits en forme de catéchèse

Les récits de rencontre avec Jésus vivant sont aussi une catéchèse pour que nous chrétiens apprenions à Le reconnaltre aujourd'hui. Où donc? En Eglise, car le Ressuscité s'est fait reconnaltre d'abord des siens rassemblés et non pas isolément. Comment? Par étape: « Jésus était là sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui» (Jn 21,4; voir aussi Lc 24,16). Cette reconnaissance progressive est suscitée par cinq signes principaux, hier comme aujourd' hui :
Le signe de la Parole : « à partir de MoYse et des prophètes, il leur expliqua tout ce qui le concernait dans l'Ecriture» (Lc 24,27). L'Ancien Testament annonce le Messie, le Nouveau raconte son œuvre de salut. Aujourd'hui encore, l'évangile proclamé est cette parole vivante qui brûle notre cœur: c'est Jésus vivant !
Le signe de la Croix : Jésus se fait reconnaître par ses plaies, non plus douloureuses mais glorieuses. Il est celui qui a donné sa vie jusqu'au bout. Aujourd'hui encore, la croix proclame l'amour du Christ et nous provoque à aimer à notre tour: c'est Jésus vivant!
Le signe de l'Eucharistie : trois récits montrent le Ressuscité s'invitant à notre table (Lc 24,30 et 43 ; Jn 21,13) et partageant le pain. Aujour:d'hui encore, chaque messe réalise cette présence: le pain et le vin consacrés, c'est Jésus vivant qui se donne en nourriture!
Le signe de la paix : « La paix soit avec vous », dit trois fois Jésus à ses disciples enfermés (Jn 20). Sa présence chasse nos peurs et apaise nos craintes. Aujourd'hui encore, la paix profonde reçue dans la prière ou les sacrements nous fait crier: c'est Jésus vivant!
Le signe de l'Esprit saint : la paix du Ressuscité n'est pas extase ou confort douillet. Cette bonne nouvelle est destinée à tous, Jésus vivant envoie en mission: cc Il répandit sur eux son souffle et leur dit: recevez l'Esprit saint» (Jn 20,22). Aujourd'hui encore est répandu en notre cœur l'Esprit: cc Allez donc, de toutes les nations faites des disciples» (Mt 28,19). Qui donc nous envoie vers ses frères ? C'est Jésus vivant

4) Des preuves de la résurrection ?

 Il faut d’abord décevoir les scientifiques qui voudraient observer à la jumelle ou au télescope le Ressuscité : sans la foi, on reste aveugle ! Mais notre foi s’appuie sur des signes et des témoignages tangibles :

Les prophéties de l’Ecriture  : l’Ancien Testament annonce la venue du Messie, en plusieurs passages, ses souffrances, sa mort et sa résurrection sont prophétisées. On trouve un bel exemple de la prédication chrétienne à ce sujet au ch.2 des Actes des apôtres.


Le témoignage de Jésus : le Seigneur avait annoncé par trois fois, sur la route vers Jérusalem, sa passion et sa résurrection, comme nécessaires. L’amour doit affronter la mort, celui qui apporte la vie de Dieu doit subir la mort... pour la vaincre.


Le témoignage des disciples  : « Nous avons vu le Seigneur ! » Hallucination ? Mais les disciples sont restés fermes dans leur témoignage, face aux quolibets, face au fouet, face à la mort. Manipulation ? Mais ils n’en ont tiré aucun bénéfice personnel. Consolation ? Mais un club de nostalgiques du prophète Jésus leur aurait suffit. Non, quelque chose s’est passé qui a bouleversé leur propre vie, devenue après Pâques une vie « ressuscitée ». Pierre, qui avait trahi, Paul qui avait persécuté, ont été transformés en apôtres courageux.


La vitalité de l’Eglise : sa croissance, son expansion dans le monde sont des signes forts de la présence du ressuscité. Les persécuteurs sont défaits, les empires ploient, les foules se convertissent, l’évangile est répandu.


Notre propre réflexion n’est-elle pas aussi un témoignage inspiré ? Si nous réfléchissons bien, la résurrection de Jésus n’est-elle pas nécessaire ? Voici le témoignage que me transmit un jour un paroissien après la Vigile pascale :

Au moment où j’entendis l’annonce de la Résurrection dans l’évangile, je fus secoué de tout mon être, comme je l’ai déjà dit plus haut. Alors, tous les épisodes de la vie de Jésus me repassèrent en mémoire, en une sorte de ‘flash back’ instantané. La cohérence profonde de la vie du Christ, entièrement mue par l’amour de Dieu, éclatait devant moi ! Et j’étais forcé de conclure, dans cet instant : non, la vie ne saurait jamais quitter Jésus. Paradoxalement, la Résurrection m’apparaissait comme « naturelle, » puisqu’elle constituait le prolongement « normal » de la vie de Jésus.

 5) A quoi ressemble le corps du Ressuscité ?

Jésus est vivant !... Il est ressuscité tout entier:  âme et corps. Beaucoup sont gênés  : quoi, notre pauvre corps aussi, imparfait et fatigué, ressuscitera ? Mais le corps du Christ ressuscité n’est pas son corps terrestre simplement « réanimé » ou «reconstitué ».
Jésus ressuscité possède un « corps glorieux », un « corps spirituel », écrira saint Paul. C’est un passage total de toute la personne de Jésus, corps, esprit et âme au Père. Ce corps lumineux n’est plus soumis à la pesanteur, aux contraintes de ce monde : sa mobilité est celle de l’amour, lui permettant de se rendre présent à tous, au bord d’un lac comme dans cette pièce barricadée à Jérusalem.


Le ressuscité est le même, mais autrement : il ne se laisse pas reconnaître de manière terrestre, par des traits de ressemblance. De la barque, le disciple bien-aimé reconnaît en premier le Seigneur : aurait-il meilleure vue que Pierre ? Non, mais la foi lui fait s’écrier : « C’est le Seigneur !» (Jn 21).


Jésus vivant n’est ni un fantôme, ni une âme errante. Notre corps est ce par quoi nous communiquons : le corps glorieux du Christ est un corps communiquant, sans les limites du temps et de l’espace : n’est-ce pas ce que veut l’amour ?


Ce corps garde mémoire
de la vie terrestre, il porte les plaies, mais sans les souffrances : pourrions-nous être nous-mêmes sans la mémoire de l’amour ? Ces plaies devenues glorieuses, c’est le signe de l’amour triomphant de la mort. Ce signe n’est pas effacé par la Résurrection, au contraire. Maintenant, ces blessures prennent tout leur sens : Jésus entré dans la gloire du Ciel est toujours passionné pour les hommes.


Ainsi, la résurrection du corps, loin d’être une imperfection, est au contraire la pleine réalisation de notre humanité, appelée à la communion totale à Dieu et aux autres.

6) Aujourd'hui, que signifie croire à la résurrection ?

« Quand tu lis : Le Christ est ressuscité, ajoute aussitôt : je suis ressuscité avec lui, car il faut que nous soyons rendus participants à sa Résurrection. Ne pas apprendre cela, c’est ne rien apprendre du tout » (Martin Lüther). La Résurrection de Jésus-Christ est le cœur de notre foi. Pourquoi ? Jésus est vivant  ! Voilà le cri du cœur des disciples, hier comme aujourd’hui. Si Jésus est resté enfermé au tombeau, nos prières sont des illusions, nos sacrements des mensonges, notre espérance vaine... Mais non, Jésus est vivant !
Nous sommes déjà ressuscités avec Lui : la résurrection du Christ est résurrection des apôtres, qui passent de la peur à la confiance inébranlable. Ce ne sont plus les mêmes hommes et femmes. La vie nouvelle du Christ se répand dans les cœurs par l’Esprit saint, donné en plénitude à la Pentecôte. C’est pourquoi la résurrection est enfin envoi en mission, acte de confiance du Christ en ses disciples : Dieu croit en l’homme !
Nous ressusciterons à l’image du Christ. « Nous sommes citoyens des cieux : c’est à ce titre que nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux » (Philippiens 3,20-21). Le corps mobile, glorieux, lumineux de Jésus ressuscité est promesse de notre propre résurrection. Non seulement l’âme, mais aussi notre corps ressuscitera : toute la personne, tout moi-même, est appelé à passer dans la vie éternelle.
Répondre à l’appel du Ressuscité : Jésus est vivant, il nous appelle à choisir la vie  ; il nous communique sa vie pour que nous soyons dès maintenant des vivants : « Les apparitions du Christ ressuscité sont un appel à la foi. Il ne se présente pas comme un spectacle, comme un objet qu'on peut percevoir sans s'engager. » (P. Maurice Zündel)
Viens Esprit Saint nous engager à la suite du Christ ressuscité !

 

Père Franck JAVARY