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Etes-vous du jour ou de la nuit ?

« Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. » Jn 9, 4

La nuit troublante permet des rencontres insolites et obscures. Certains sont fascinés par la nuit. Les adolescents l’aiment, car elle leur permet de dépasser les limites du sommeil. Ce combat pour ne pas dormir est très important pour eux. Derrière ce combat, il y a sûrement des peurs ou des limites que l’on veut dépasser ou que l’on n’accepte pas. Et la peur de la nuit semble surmontée par la veille. Et la veille surenchérit paradoxalement ce sentiment de peur et de fascination de la nuit. La fréquentation du monde des adolescents m’a également fait découvrir qu’actuellement, pour certains d’entre eux, les expériences « limites » se vivent la nuit qui représente leur seul espace de « liberté ». Ainsi quelque fois, on observe deux mondes parallèles qui s’ignorent : le jour pour les parents et la nuit pour les ados.

Il y a également pour d’autres (adules ou jeunes) la difficulté de l’endormissement ou le réveil brutal dans la nuit. Ce contre-coup des contrariétés du jour se prolonge quelque fois interminablement dans la nuit. Une fois réveillé c’est impossible de s’endormir. Il y a enfin des dévots de la nuit qui ne semblent vivre qu’à ce moment-là...

Mais que se cache-t-il derrière cette fascination ou cette emprise de la nuit ? Vous comprenez que je ne peux répondre à votre place, car mon propos est de vous encourager à vivre le jour... Le jour à l’image du bonheur du juste qui ressemble à « un arbre planté près d’un ruisseau » (Ps 1,4) ou à travers la figure du Serviteur du livre d’Isaïe qui édifie par sa parole afin de « soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. » (Isaïe 50,4) Ils se reçoivent tous les deux dans le Seigneur, en plaçant leur confiance et leur espérance en lui. C’est en revanche dans ce contraste entre la nuit et le jour que l’on perçoit ce chemin de vie. Le psalmiste déclare «Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube : mon âme a soif de toi » (Ps 62,2), car « dans la nuit, je me souviens de toi et je reste des heures à te parler. Oui, tu es venu à mon secours » (Ps 62,7-8). C’est ainsi que l’on peut se tourner en pleine nuit vers la lumière du jour et en plein jour vers les ténèbres de la nuit.

Vous comprenez que dans le combat spirituel de la nuit, il ne faut pas succomber à la peur, à la fascination et au déterminisme. Mais il s’agit de solliciter le secours de Celui qui met en pleine lumière la confiance, la liberté et l’aventure. Avec Nicodème dans la nuit ou avec l’aveugle né de ce dimanche (Jn 9,), nous sommes invités à passer des ténèbres à la lumière ou de l’aveuglement à la contemplation des œuvres de Dieu.

Père Pierre Pugnet